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Les différents types d’erreurs

Jean-Pierre Astolfi, un nom qui résonne dans le monde de l’éducation ! Dans son ouvrage “L’Erreur, un outil pour enseigner”, il dresse 8 types d’erreurs reconnus dans le milieu de l’enseignement et de la pédagogie. L'erreur, souvent perçue négativement, est en réalité une étape cruciale dans le processus d'apprentissage de l'enfant. Pourquoi ? Comment aider nos petits ? 🤓 Babaoo fait le point pour vous ! ⬇️
Babaoo Le Mag Les différents types d’erreurs
les différents types d'erreurs

Faire des erreurs… pour apprendre !

L’erreur est un outil puissant d’apprentissage : chez l’enfant, elle est un moyen naturel de tester ses limites, de comprendre son environnement et de développer des compétences. Reconnaître et accepter les erreurs permet à l’enfant de développer sa pensée critique et sa capacité d’adaptation :

  1. Découverte personnelle : l’enfant apprend par essai et erreur, découvre ce qui fonctionne ou non.
  2. Développement de la résilience : face à l’échec, l’enfant apprend à persévérer.
  3. Stimulation de la créativité : les erreurs encouragent les approches novatrices.

Note : les enfants imitent les comportements adultes. En tant que parent ou enseignant, montrer que vous acceptez et apprenez de vos propres erreurs ne peut être que bénéfique pour eux.

Babaoo’Tips 💡

  • Adoptez une attitude positive envers les erreurs : montrez à vos enfants que se tromper est naturel et mettez en avant l’effort plutôt que la perfection.
  • Encouragez l’auto-évaluation. Demandez à l’enfant de réfléchir sur ses erreurs et d’identifier ce qu’il pourrait faire différemment la prochaine fois.
  • Valorisez le processus d’apprentissage en vous concentrant sur le parcours et les efforts fournis, et non uniquement sur le résultat final.

Pourquoi s’intéresser aux différents types d’erreurs de nos enfants ?

Une démarche clé pour les enseignants

Dans le monde de l’éducation, la perception de l’erreur a subi une véritable révolution. Jadis vue comme un signe d’échec, elle est aujourd’hui reconnue comme un levier d’apprentissage essentiel. Les enseignants modernes, armés de cette vision, plongent dans l’analyse des erreurs pour décrypter les processus de pensée de leurs élèves. Cette approche, bienveillante et empathique, ne se contente pas de jauger les connaissances ; elle révèle les compétences réelles des élèves et célèbre chaque progrès.

Pour l’enseignant·e, appréhender la typologie des erreurs transforme la vision de l’évaluation. Cette typologie devient un prisme révélateur : que cherche-t-on à mesurer à travers l’évaluation ? Est-ce la capacité de l’élève à restituer des connaissances, comme la récitation des tables de multiplication ? Ou est-il question de son aptitude à résoudre des problèmes, en employant une méthode appropriée, malgré d’éventuelles erreurs dans les calculs ? Peut-être est-ce la faculté de l’élève à appliquer ses connaissances dans d’autres domaines, comme utiliser ses tables en sciences ? Autant de questions qui guident l’enseignant·e vers une évaluation plus nuancée et enrichissante.

Ce nouveau regard sur l’erreur ouvre la voie à un enseignement sur mesure, adapté aux besoins uniques de chaque enfant. Dans cet environnement d’apprentissage novateur, les erreurs ne sont plus des fautes à sanctionner, mais des opportunités d’exploration et de croissance. Valoriser les réussites autant que les axes de progression renforce la confiance des élèves en leurs propres capacités et nourrit leur désir d’apprendre activement.

Parents : une compréhension approfondie

Pour les parents, explorer les erreurs de leur enfant à l’école est une démarche riche de sens. Elle dépasse le simple suivi des résultats scolaires, ouvre une fenêtre sur la manière dont l’enfant aborde et résout les problèmes.

Il s’agit de déchiffrer ce qui se cache derrière chaque résultat : comment l’enfant a-t-il abordé et résolu un problème ? Quelle stratégie a-t-il utilisée ? Quel résultat a-t-il obtenu ? Quelles connaissances, comme la maîtrise des tables de multiplication, a-t-il mobilisées pour y parvenir ? C’est un voyage au cœur de l’univers d’apprentissage de l’enfant, une chance de comprendre son processus d’apprentissage et de réflexion, et de l’aider à progresser.

Babaoo’Tip 💡

Échangez avec votre enfant, demandez-lui par exemple d’expliquer sa démarche derrière tel ou tel résultat. Cela vous donnera un aperçu de son processus de pensée et renforcera la communication parent-enfant autour de l’apprentissage.

L’approche de Jean-Pierre Astolfi

Jean-Pierre Astolfi est un universitaire français. Spécialiste de la didactique des sciences, il a mis en lumière l’importance de comprendre les erreurs dans l’éducation. Son œuvre clé, “L’erreur, un outil pour enseigner”, présente une vision pragmatique et constructive de l’erreur, la considérant comme une opportunité d’apprentissage plutôt qu’un échec.

Les différents types d’erreurs selon Astolfi

Astolfi propose une classification détaillée des erreurs, chacune accompagnée d’exemples concrets. Il offre aussi des pistes de remédiation pour aider les adultes à mieux accompagner les enfants.

Erreurs résultant de la compréhension des consignes

Exemples qui relèvent de cette erreur :

  • Le lexique de la consigne n’est pas maîtrisé par l’élève : les mots employés ne sont pas compris.
  • La formulation de la consigne est ambigüe, ou contient trop d’implicite.

Pistes de remédiation pour l’adulte :

✓ Faire reformuler l’élève avec ses propres mots pour vérifier qu’il a compris le sens porté par la consigne.
✓ Simplifier le vocabulaire employé. À moins de tester la maîtrise de vocabulaire, le but d’une consigne est de donner une instruction. Elle doit donc être compréhensible et ne pas contenir d’obstacle à ce qu’on veut réellement évaluer.

Erreurs résultant d’un mauvais décodage des attentes

Exemples qui relèvent de cette erreur :

  • L’élève est influencé dans sa réponse, par ce qu’il pense qu’on attend qu’il réponde.
  • L’élève pense qu’il faut utiliser toutes les données d’un problème alors qu’il y a des données inutiles, fournies comme « pièges » (exemple : «Sur un bateau, il y a 26 moutons et 10 chèvres. Quel est l’âge du capitaine de ce bateau ?». Il est probable que des élèves cherchent à manipuler 26 et 10 pour déterminer l’âge du capitaine).
  • L’élève ne répond pas parce qu’il craint de se tromper.

Pistes de remédiation pour l’adulte :

✓ Proposer régulièrement des énoncés avec des données inutiles pour entraîner leur pensée critique.
✓ Faire expliciter aux élèves ce dont ils vont avoir besoin et ce qui est inutile dans l’énoncé.

Erreurs résultant de représentations erronées des élèves

Exemple qui relève de cette erreur :

  • Une tâche requiert l’utilisation d’une opération intellectuelle qui n’est pas identifiée, reconnue, ou pas encore maîtrisée par l’élève.
  • L’élève se fonde sur une connaissance erronée, par exemple, en se fondant sur la conception que 4×5 = 25).

Pistes de remédiation pour l’adulte :

✓ Veiller à prévoir une progressivité dans l’apprentissage : les élèves savent en général parler d’un sujet qui les passionne, mais faire un exposé structuré répondant à des contraintes de forme, sur ce sujet, n’est pas la même chose et nécessite apprentissage et entraînement.
✓ Segmenter les compétences en jeu dans l’évaluation d’une production. Pour l’évaluation d’une poésie, par exemple, on distingue l’évaluation de la récitation d’un texte de mémoire, et l’expressivité avec laquelle la poésie a été récitée, qui sont 2 aspects totalement différents, et qui ne devraient donc pas faire l’objet d’une seule “note”.

Erreurs liées à la nature des opérations intellectuelles impliquées

Exemples qui relèvent de cette erreur :

  • L’élève n’a pas (ou pas encore) accès aux connaissances nécessaires à la résolution d’un problème (exemple : on lui demande de calculer le résultat de 35-48 alors qu’on lui a toujours dit qu’un résultat ne pouvait pas être inférieur à zéro).

Piste de remédiation pour l’adulte :

✓ Recourir à une évaluation diagnostique en début de séquence d’enseignement. Il s’agit d’une évaluation rapide qui recueille les connaissances et représentations initiales des élèves, en vue de les faire évoluer.

Erreurs dues à une surcharge cognitive

Exemples qui relèvent de cette erreur :

  • Le problème repose sur la conservation en mémoire d’un nombre trop important d’informations pour l’élève.
  • Le problème requiert une résolution en un grand nombre d’étapes.

Piste de remédiation pour l’adulte :

✓ Veiller à ce que le travail proposé ne demande pas une trop grande gestion de données, par exemple, en découpant la consigne en plusieurs sous-tâches.
✓ Apprendre aux élèves à poser sous forme de notes ou de schéma, les différentes données d’un problème et la démarche qu’ils projettent d’employer pour le résoudre.
✓ Évaluer les différentes compétences d’une production, en plusieurs fois. En production d’écrit, par exemple, la production du texte et la gestion de l’orthographe peuvent s’évaluer à deux moments différents.

Erreurs résultant des démarches employées par l’élève

Exemple qui relève de cette erreur :

  • La production de l’élève n’est pas conforme aux attentes car la stratégie mise en œuvre n’est pas celle qu’attendait l’enseignant. Une erreur de démarche peut quand même conduire au bon résultat.

Piste de remédiation pour l’adulte :

✓ Dans une démarche de résolution de problème, inviter les élèves à représenter la situation avant de s’engager dans la résolution comme faire un dessin de la situation-problème : ce que je dois trouver / ce que je sais / ce qu’il me manque.
✓ Faire un schéma de la démarche qu’il va utiliser pour résoudre le problème pour permettre à l’enseignant d’évaluer la pertinence du choix et l’exécution de la démarche.

Erreurs liées à un transfert de compétences qui n’a pas encore été fait

Exemple qui relève de cette erreur :

  • L’élève sait faire une soustraction, mais n’a pas encore transféré cette compétence à tous les domaines (exemple : faire une soustraction pour calculer la durée d’une période en Histoire, à partir de 2 dates).

Piste de remédiation pour l’adulte :

✓ Proposer des rituels qui invitent à puiser dans les connaissances et compétences construites dans les autres matières : « Comment pourrait-on faire, à votre avis, pour savoir combien de temps a vécu Louis XIV ? »

Erreurs résultant de la complexité inhérente au contenu

Exemples qui relèvent de cette erreur :

  • Aborder les millions avec un enfant qui n’a pas acquis la construction du millier.
  • Aborder les fractions avec une approche abstraite sans être passé par la manipulation concrète (“1/7, c’est une part d’un gâteau coupé en 7”).
  • Aborder, trop tôt, trop de temps du passé en conjugaison (passé simple, imparfait, passé composé)

Piste de remédiation pour l’adulte :

✓ Veiller à rester dans la Zone proximale de développement de l’enfant : pas trop difficile, pas trop simple ! Un taux d’erreur optimal serait d’environ 15%.
✓ Recourir à une évaluation diagnostique en début de séquence d’enseignement pour comprendre d’où part chacun.
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Les erreurs sont naturelles et aident les enfants à tester leurs limites, à comprendre leur environnement, et à développer des compétences. L’erreur, autrefois souvent perçue comme un échec, est aujourd’hui vue comme un levier d’apprentissage.

Selon Astolfi, il existe 8 types d’erreurs : liées à la compréhension des consignes, au décodage des attentes, aux représentations erronées, à la nature des opérations intellectuelles, à la surcharge cognitive, aux démarches employées, au transfert de compétences non effectué, et à la complexité inhérente au contenu.

Encouragez l’auto-évaluation, les efforts et la réflexion chez votre enfant, et montrez l’exemple en acceptant vos propres erreurs. C’est en comprenant les erreurs que l’on favorise un apprentissage épanouissant. 🌈

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